On parle webdoc et transmédia avec l’ami Philippe Lamarre, producteur et directeur de création chez URBANIA.

Transmédia : comme le dit Philippe, le terme est tellement galvaudé et le chicane tellement pogné parmi les « spécialistes » du genre, qu’on finit par ne plus trop savoir c’est quoi, même en webdoc. Et c’est bien normal.

Après tout, le genre étant en continuelle évolution – comme le sont les médias, le ouèbe ET la société – qu’il serait vain de pouvoir/vouloir le figer dans une définition définitive. Par exemple, avec l’avénement de l’impression 3D, qui nous dit que bientôt on ne pourra pas imprimer l’épée de Zorro, la coiffe de Rapunzel ou le collier de Lassie, ce qui n’aurait pas été envisageable voilà quelques années à peine.

Le documentaire a lui aussi été affecté par le phénomène du transmédia.  Philippe Lamarre est bien placé pour en parler, lui qui était derrière Montréal en 12 lieux, un des premiers webdocs québécois.  Par la suite, il  a aussi commis Écologie sonore et Fort McMoney (avec l’ONF), et Disparus (avec Radio-Canada) pour ne nommer que ceux-ci.

À mi-chemin entre le documentaire classique et l’expérience interactive immersive, le webdoc évolue à la même vitesse que le ouèbe. Mais avec le nouveau formalisme empesé du ouèbe -rendu incontournable par le besoin de rassembler sous le plus petit dénominateur commun internet, médias sociaux, mobile et tablette (beubye flash) – et la normalisation des contenants – because les CMS de type WordPress et les univers fermés à la  Facebook, il devient difficile technologiquement/créativement/financièrement d’innover dans la forme.

Heureusement que de valeureux défricheurs tels que Jonathan Harris (We feel fine), Vincent Morriset (Just a reflektor – Arcade Fire) et Ze Frank (Young me, Now me, Chillout Song, Bedtime). En repoussant toujours plus loin les limites de la connectivité entre l’homme (et sa fiancée!) et le virtuel, ces artistes ouvrent la voie à la nouvelle narration de demain. Celle qui sera déjà surannée deux jours plus tard ;)

Allons donc en jaser avec l’ami Philippe.  Bon pizzcast!

Lisez  l’article « Le transmédia – raconter sans frontières » publié dans l’édition du 25 janvier 2016 du Grenier Magazine . Joignez0-vous à la conversation sur Twitter via le #GrenierMag et mon identifiant @pizza4all.