Cet après-midi, c’est l’avant-dernier concert de la saison. Un concert surprise, puisque voilà deux semaines, il n’était pas sur mon radar. Mais le report d’un autre concert a créé une ouverture… dans laquelle j’ai plongé tête baissée et genou plié.
La particularité de ce concert, celui du Grand choeur de Montréal, maintenant une petite formation, est qu’il met de l’avant des compositions ou des textes de femmes.
Plusieurs belles choses, comme l’énergisant Alleluia d’Elaine Hagenberg ou le torride Emmène-moi de Marie-Claire Saindon. De fort belles découvertes comme le Alma redemptoris mater d’Isabella Leonarda ou le Il vostro dipartir de Maddalena Casulana.
Mais mon coup de choeur va au tout discret May Eve d’Amy Beach. Difficile à qualifier, mais ça goûte résolument l’élégance de la musique américaine des années 20 (1920, pas 2020…), avec quelques lignes qui font même blues à mes oreilles.
Amy Beach fut une défonceuse de plafond de verre résolue avant même que l’expression existe. Compositrice autodicate et pianiste reconnue, elle est derrière la première symphonie composée par une femme américaine. À cause des contraintes de l’ère victorienne (son médecin de mari de 25 ans son ainé exigea qu’elle limite ses performances publiques au piano), elle se concentra sur ses compositions jusqu’à la mort de son scrogneugneu d’époux en 1910 où elle reprit de go sa carrière de concertiste et tourna en Europe jusqu’au début de la première guerre mondiale.
May Eve renvoie à la nuit du 30 avril (la fameuse Walpurgis Night), une date importante du folklore celtique et germanique, associée aux sorcières, aux fées et aux esprits errants. On croyait alors que ces créatures se rassemblaient en grand nombre à cette date sur l’île de Man pour jouer des mauvais tours.
Mais la musique est tout sauf démoniaque. C’est gentil, suave, rieur même. Très agréable à chanter, même si à tout moment, une horrible sorcière risque de nous suprendre ;)
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