Auass, en langue innu, ça veut dire “enfant”. Et dans le 6e mouvement du Requiem de Guérison du poète, pianiste, baryton et compositeur autochtone Alexis Vollant, on plonge dans une évocation particulièrement émouvante de l’horrible drame des pensionnats autochtones au Canada.
J’aurai l’immense plaisir et honneur de chanter cette pièce à la salle Maisonneuve mardi prochain, lors du concert-bénéfice de la fondation de la Place des Arts. Plaisir encore plus grand, c’est Alexis lui-même qui chantera le solo du début et de la fin de mouvement en s’accmpagnant au teueikan, une sorte de tambourine, et qui nous accompagnera au piano dans sa deuxième pièce au programme, Tipatshumun.
Au début, en pratiquant Auass, je m’attardais surtout à tenter de me mettre en bouche le texte en innu qui va comme suit :
Auass
Astem ute
Tshe uitemuin
Ka tutakuin
Eka shetshe
Apu tsheku akuitan
Uapel tsheka meletshishekashu
Mais, éventuellement, moi qui suis fan fini des requiems, j’ai voulu savoir ce que je chantais. Était-ce un Dies irae? Un Confutatis? Ou un Lacrymosa?
Pantoute.
Un texte tout en tendresse d’Alexis, un jeune auteur qui a ma foi, la maturité d’un sage.
Lorsque j’ai lu la traduction en français, j’ai été incapable de continuer ma répétition ce soir-là. J’étais en larmes. La voix me trémolait. Et quand j’ai réalisé que l’octuor de TB dont je fais partie allait chanter ça avec le choeur des jeunes de Montréal, les larmes et la morve ont coulé.
Je te livre ici la tradu, tu pourras en juger.
Child
Come here
And tell me
What they did to you
Don’t be scared
I will never hurt you
Tomorrow will be brighter
Ouch.
Réécoute la vidéo en haut de ce billet en sachant maintenant ce qui se dit et essaie de rester impassible.
J’ai vraiment hâte de chanter cette pièce (et l’autre aussi!) et de faire la connaissance de ce jeune musicien très talentueux.
D’autant plus que ça sera la première fois que des gens dans la salle auront payé jusqu’à 50 000$ pour m’entendre (bon, c’est sûr que ces bonnes personnes ne se seront pas déplacées pour moi, mais un gars peut bien rêver).
Check le programme. Ça va être super beau. Et c’est pour une cause encore plus belle, celle de favoriser le contact avec la culture de nos beaux Auass.
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