Parole de papa, quand on entend un enfant chanter, c’est clair qu’il est heureux.

Et, mine de rien, alors qu’il chante, il apprend. Des mots, des sons, les relations entre les notes, l’écart entre elles. Ou si vous préférez, il apprend à lire, à écrire, à compter. Dans la joie!

Et quand il le fait avec d’autres enfants, au-delà du gros fun noir qu’il a, il apprend le vivre ensemble, le faire ensemble, le grandir ensemble, le faire des affaires ensemble plutôt que chacun de son bord.

Récemment, l’Alliance chorale du Québec, via le Réseau choral des écoles québécoises (ou le contraire, je sais plus trop :), publiait un mémoire préélectoral en vue de sensibiliser les partis politiques et la population en général à l’importance du chant choral à l’école.

Elle y va avec 5 recommandations :

1. Promouvoir un répertoire commun

2. Intégrer le chant dans les matières scolaires

3. Faire chanter les élèves matin, midi et soir

4. Soutenir l’implantation de chorales dans les écoles

5. Favoriser les rassemblements choraux jeunesse

Extrême? Possible. Demander d’intégrer le chant dans toutes les matières peut sembler l’être. Mais encore aujourd’hui, quand j’essaie de me rappeler l’ordre d’une lettre dans l’alphabet, je le fais en chantant à 240 bpm la toune qui m’a ouvert à un monde de lettres: abcdefgéééé….hijklmnopééééé…. etc. Et si je me souviens bien de la voix de mon prof d’histoire, pas sûr que nos oreilles auraient voulu aller plus loin que Châteauguay, et encore. J’habite Lachine, y a un pont pas toujours facile à franchir, imaginez avec le mur du son de la voix de monsieur Roger. Mais overall, vous comprenez l’idée : on sous-estime clissement trop l’apport de la musique dans un contexte d’apprentissage.

Le chant choral est probablement la façon la plus démocratique et surtout la plus accessible de découvrir le monde dans lequel nous vivons, d’apprendre sur lui, sur nous, et sur l’autre, dans un contexte ludique de surcroit.

Il détourne les yeux des écrans pour les ouvrir, brillants, à un moyen de communication physique unique. Il fait relever les têtes, fièrement, pour évoquer en musique toute la richesse des mots, des images et des cultures qu’il évoque et supporte.

À l’ère de l’instantané, où tout est à un clic de nos moindres désirs, le chant choral travaille des muscles de vie malheureusement atrophiés par la techno et l’isolement : la persévérance, la discipline, la ténacité, l’humilité, la rigueur, la patience, la solidarité, l’entraide, la curiosité, le respect.

Oui, ça demande du travail (ce qui est une mozusse de bonne chose), mais la récompense qui suit en vaut la chandelle, voire le gâteau de fête au complet! Estime de soi renforcée, fierté du résultat, sens de la contribution, sentiment d’appartenance, capacité de dépassement, redécouverte de plaisirs simples, et tout plein de p’tits bonheurs, comme chantait un de nos grands.

Mine de rien, derrière ces 7 petites notes, nos jeunes choristes en herbe apprennent la phonétique, la poésie, la réthorique, l’analyse textuelle, les mathématiques, les langues, l’histoire, les arts, tout en faisant de l’éducation physique par la posture, la respiration, la proprioception et la coordination.

Chers politiciens, s’il est vrai que chaque voix compte, oubliez donc les coûteux 3e liens et optez plutôt pour une action qui coûte 3X rien, mais qui va rapporter 300000000 X plus dans 10-20 ans… Ouvrez la voie de ce chemin qui nous mènera partout où jeunesse veut aller, et plus loin encore.

Tout ça, pour une chanson!