À mi-parcours de ce marathon choral que je me suis imposé, quoi de mieux que de parler du Credo en fa de Lotti, particulièrement de son émouvant Crucifixus dont le chromatisme et les dissonnances représentent avec une densité expressive fascinante la douleur du Christ sur la croix.
Ceuzes qui font ou ont fait du jogging connaissent très bien cette sensation (de même que celui qui se remet d’une arthroplastie du genou, possiblement dûe à de l’arthrose causée par trop de jogging mal chaussé dans sa prime jeunesse) : vient un moment dans ta course où tu deviens conscient de la distance franchie, mais aussi de celle qui reste à faire. Un sentiment mitigé. D’un côté, la fierté d’avoir déjà parcouru une telle distance; de l’autre, la petit étourdissement à l’idée des kilos qu’il reste à ta course et de la douleur qui fera partie intrinsèque de l’expérience.
Après 4 concerts en deux semaines, et 5 autres à venir au cours du prochain mois, je me sens exactement comme dans un Credo : je crois.
Et celui de Lotti me touche particulièrement. Bon, je l’avoue d’emblée, le premier mouvement goûte un peu trop le Vivaldi à mon goût. Désolé pour les gens qui aime les envolées violonesques du Prêtre Roux, moi, j’aime pas tant. Je trouve ça trop sucré.
Mais dès le Et incarnatus, là on commence à se dire les vraies affaires. Et la suite, le Crucifixus dont j’ai parlé, c’est de la beauté faite musique. De même que le vibrant Et resurexit (le fameux second souffle du jogger?) et le joyeux Et vitam, aux cloches festives (Et. Vi. Tam.)
Je ne connaissais pas trop Lotti, sauf pour avoir déjà chanté un mouvement de son requiem, mais j’avoue avoir été séduit par la sensibilité de son Credo. Et tu sais quoi, à force de le fréquenter, je commence même à aimer le premier mouvement. Faut juste que j’oublie pas de prendre ma metformine ;)
Fais-toi du bien. Viens écouter ça. On chante ça ce samedi 9 mai à la Chapelle du Fort de la Montagne @ 15h. Accompagnés par un orchestre d’instruments baroques, ça va être un après-midi magnifique. Tes oreilles et ton coeur te remercieront de ce beau moment concocté par notre brillant chef, Marc-Olivier Lacroix qui porte un nom de famille prédestiné pour diriger cette oeuvre ;)
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